Comité de sécurité du 27 novembre 2012

L’ambassade de France a publié sur son site le compte-rendu du dernier conseil de sécurité, où Français du monde Tokyo était représentée.

Il est consultable ici et également ci-dessous.

COMITE DE SECURITE DU 27 NOVEMBRE 2012

La deuxième réunion semestrielle du Comité de Sécurité s’est tenue le 27 novembre 2012 à l’ambassade sous la présidence de M. François-Xavier LEGER, ministre-conseiller, en présence de Mme Florence RIVIERE-BOURHIS, conseiller scientifique, M. Thierry SABOT, attaché de sécurité intérieure et M. Christophe XERRI, conseiller nucléaire.

Le comité a rassemblé 64 responsables d’îlots, présidents d’associations, dirigeants d’établissements culturels et d’enseignement et cadres de sociétés. Des représentants de l’ambassade de Suisse, de la Belgique, des Etats-Unis et de la délégation de l’Union européenne au Japon étaient également présents.

M. LEGER a ouvert la séance en soulignant que l’ambassade poursuit le travail de réforme de son plan de sécurité initié après la crise du 11 mars. Elle apporte un soin particulier à la formation de son personnel et au développement de la coopération avec les ambassades locales (ex. : participation à un exercice de gestion de crise à l’ambassade d’Allemagne). Par ailleurs, conformément aux recommandations du Centre de Crise du ministère des affaires étrangères, elle est en pourparlers avec un groupe hôtelier pour une mise à disposition de chambres dans 2 hôtels français du grand Tokyo pour accueillir les compatriotes sinistrés n’ayant pu rejoindre un centre de refuge. Les deux autres points de regroupement de la communauté française sont l’ambassade et le lycée français. Elle travaille également sur des plans de délocalisation de la cellule de crise à Kyoto et d’évacuation de Tokyo en cas de force majeure.

1 – Bilan des mesures de sécurité

Avec 165 bénévoles les effectifs de notre réseau d’îlotiers sont en augmentation par rapport à la précédente réunion du comité grâce au recrutement de 16 nouveaux volontaires. Cependant, la pénurie de responsables dans des zones pourtant fortement peuplées tels que les arrondissements de Meguro, Minato, Shinjuku ou Shinagawa n’a pas été complètement résorbée malgré de multiples appels à volontaires.

S’agissant de notre réseau téléphonique satellitaire Iridium, le taux de participation aux tests à cesser de progresser mais se maintient à un niveau satisfaisant : 85%. Je précise qu’il est possible d’appeler de l’intérieur du bâtiment en remplaçant l’antenne standard du combiné Iridium par l’antenne magnétique (prévue pour l’utilisation en véhicule) fournie avec l’appareil. Pour capter le signal, il suffit de poser l’antenne sur un rebord extérieur de fenêtre.

En revanche les résultats de la campagne de recensement des foyers français au du mois de septembre sont décevants : seuls 16 îlots sur 99 ont renvoyé à l’ambassade leur liste avec les rectifications.

Néanmoins, cette campagne aura permis de détecter près de 31 départs du Japon non-signalés au consulat et de mettre à jour les dossiers de 98 autres foyers. Ce résultat est encourageant si l’on tient compte du faible taux de participation. Menée à grande échelle les campagnes de recensement permettront d’avoir une connaissance plus précise et plus fiable de la communauté française au Japon. C’est pourquoi chacun est invité à bien vouloir entreprendre de vérifier la réalité de la liste qui lui est remise aujourd’hui et à nous renvoyer les résultats de ses investigations d’ici le 31 janvier 2013.

2 – Exposé du conseiller nucléaire

M. Christophe XERRI a fait un point de situation exhaustif sur les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi, 20 mois après l’évènement :

Les travaux effectués sur les réacteurs et les piscines se déroulent comme prévu. On n’observe aucun nouveau rejet dans l’atmosphère et les systèmes de refroidissement fonctionnent normalement. TEPCO doit néanmoins faire face à un problème d’infiltration d’eau dans les réacteurs l’obligeant à traiter des volumes plus importants que prévus. Ce problème sera réglé à terme grâce à un système complémentaire de décontamination des eaux de refroidissement.

La piscine n°4 est celle qui contient le plus de combustibles usés (1 500) mais ne représenterait un réel danger que si elle était soumise à un séisme ou à un raz-de-marée d’une puissance égale ou supérieure à ceux du 11 mars 2011. On note par ailleurs que les travaux d’extraction de combustibles progressent sans encombre.

S’agissant de la radioactivité de l’air, on observe sur la quasi-totalité du pays des niveaux proches du bruit de fond naturel. A titre d’information, les relevés de la sonde Téléray installée sur le toit de l’ambassade sont disponibles sur le site de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) : Cliquez ici

En outre, la carte des zones d’accès restreint est régulièrement mise à jour par les autorités locales. Elle est consultable depuis le site de l’ambassade à l’adresse suivante : Cliquez ici

Les produits alimentaires continuent de faire l’objet de contrôles réguliers de la part des autorités locales, des grandes chaînes de magasin, des producteurs et même de mouvements citoyens. Ainsi, quelques produits ont été retirés avant leur mise sur le marché. Toutefois il n’y a pas lieu d’établir des restrictions sur certains types de produit et la meilleure ligne de conduite à tenir pour le consommateur est d’avoir une alimentation variée. La provenance des produits est, en outre, systématiquement indiquée sur l’emballage.

En guise de conclusion, M. XERRI a indiqué l’ensemble des actions entreprises par l’ambassade pour suivre l’évolution de la situation : veille des presses japonaise et internationale, rencontres régulières avec les autorités locales, échanges d’informations avec les autres ambassades et organisation de tchats entre la communauté française du Japon et les experts de l’IRSN. Le prochain est prévu le 4 décembre.

3 – Questions diverses

Le conseiller nucléaire a été interrogé par plusieurs participants sur les mesures de sécurité et les méthodes décontamination des autorités locales :

Q : Il existerait une divergence de 20% entre les mesures de radioactivité effectuées par les associations citoyennes et celles faites par les autorités japonaises. Dès lors comment savoir si une zone est sûre ? Quel est le seuil de tolérance pour la santé.

R : Le seuil de sécurité adopté par les autorités japonaises, 20 millisieverts (mSv) par an, n’est nullement contesté par les autorités françaises. Il convient de préciser qu’il n’y a pas de méthode pour déterminer ce seuil de façon absolue. Au demeurant, on sait qu’un taux supérieur à 100 mSv est dangereux pour l’homme.

Q : Les surfaces contaminées sont nettoyées au Karcher. Ne craint-on pas que la radioactivité déplacée par l’eau s’infiltre dans les sols, puis les nappes phréatiques ? Par ailleurs, que font les Japonais des déchets radioactifs ?

R : Le taux de pénétration dans le sol du césium n’excède pas quelques centimètres. Il n’y a donc aucun risque qu’il contamine les nappes phréatiques. L’eau contaminée est de toute manière récupérée, stockée, puis traitée. Quant aux déchets et matières organiques contaminées, ils sont dans un premier temps mis en stockage provisoire, le temps d’aménager des stockages intermédiaires (sur environ 10 ans) avant de terminer dans un lieu de stockage définitif.

Le conseiller scientifique a également répondu à plusieurs questions sur le risque sismique au Japon et sa gestion par les autorités locales :

Q : Il y a-t-il au Japon un lieu à l’abri des séismes ?

R : Il y a des failles tout le long de l’archipel. Aucune zone n’est théoriquement épargnée par le risque sismique. La sécurité des personnes repose avant tout sur la qualité des constructions (immeubles, ponts, routes…).

Q : Que pensez-vous des prévisions des autorités locales en matière de risque sismique ?

R : Il ne faut pas confondre prévision et prédiction. Les cartes du risque sismique publiées par les autorités japonaises sont réalisées sur la base de statistiques calculées d’après les séismes antérieurs. En l’état actuel des connaissances scientifique, personne ne peut prédire où et quant aura lieu le prochain grand séisme.

Q : En cas de séisme majeur, doit-on s’attendre à voir de nouveau certains sols se liquéfier ?

R : Les liquéfactions de sols sont fréquentes en cas de séismes, tout particulièrement sur les zones côtières et les remblais.

Q : Le gouvernement métropolitain de Tokyo (TGM) a-t-il révisé son propre plan de sécurité à la lumière des évènements du 11 mars ?

R : Oui. Le centre de crise du TGM a élaboré plusieurs scénarios pour évaluer l’impact d’un séisme de grande ampleur qui aurait lieu dans le grand Tokyo et son littoral. Il renforce actuellement son plan de sécurité en se basant sur le pire des scénarios étudiés.

Jean-Jacques POTHIER, Consul

LIENS INTERNET

- Japan Meteorological Agency

- Japan Weather Association

- Earthquake Research Institute,The University of Tokyo

Deux sites animés par des bénévoles du réseau d’îlotage :

- Pages séismes du site france-japon.net, ainsi que son forum.

- Site dédié à la sécurité par M. Consigny

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